Méditation chrétienne

Forum d'échange et de partage autour de la pratique de la méditation chrétienne selon l'enseignement de John Main, osb.
 
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 La Consécration du Coeur

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Michel



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Localisation : 38 Isère

MessageSujet: La Consécration du Coeur   Dim 25 Nov 2012 - 20:59

J'ai relu récemment ce passage du livre de Simone PACOT
("L'Evangélisation des Profondeurs") et j'ai souhaité vous le faire
partager.



….."D'une façon très simple, nous pouvons dire que
faire la volonté de Dieu consiste à apprendre à vivre le moindre de nos actes à
la lumière de l'Esprit. Il faut reconnaître que bien souvent nous prions en
demandant à l'Esprit de nous éclairer et dès que notre prière est terminée,
nous retrouvons notre façon de vivre habituelle. Nous ne savons pas ouvrir à
l'inspiration de l'Esprit tout ce que nous vivons, nos actes, le temps pour
parler, le temps pour se taire, la façon de vivre un conflit, une relation, de
prendre des décisions, d'élaborer un projet. Consultons-le, permettons-lui de
se manifester, donnons-lui une chance de s'exprimer et d'être entendu. Cela
suppose de savoir se taire pour écouter, pour se laisser enseigner par la
sagesse de Dieu.
Cette vie dans l'Esprit devrait se vivre de façon naturelle,
souple, sans tension. Cela n'a rien à voir avec l'introspection ou avec
l'observation excessive de soi-même. Elle suppose que nous soyons prêts à vivre
une forme d'abandon de nos idées une fois que nous les avons bien mises au
clair. Il ne s'agit pas de demander à l'Esprit confirmation de ce que nous
pensons ou projetons, mais de faire table rase de toute idée préconçue, même si
elle paraît excellente, de laisser une plage, un blanc, un creux pour que
l'Esprit soit libre de se manifester et inspire une direction peut-être tout à
fait inattendue.



La Consécration du Cœur


Beaucoup ont été pacifiés dans leur
recherche de la volonté de Dieu en vivant ce que l'on pourrait appeler la
consécration du cœur. A partir de là, ils ont en quelque sorte la certitude que
leur désir essentiel, leur volonté profonde est bien de vivre le désir de Dieu.
La consécration du cœur à Dieu perdure à
travers des formes qui peuvent changer. Il est tout à fait possible de
la vivre même si nous sommes dans la confusion ou le désordre, si nous n'avons
pas découvert le sens de notre vie ni la forme de notre service.


Il nous arrive de quitter un
groupe, une forme de don vécue pendant des années. Ce départ peut être imposé
par les circonstances, il peut être mouvement de vie si nous avions fait un
mauvais choix ou une infidélité à la première direction prise qui était la
bonne, peu importe, à ce moment-là, nous pouvons vivre cette consécration du
cœur qui va nous pacifier, nous ancrer dans l'essentiel. Combien
d'oscillations, d'attentes, de doutes seraient évités en vivant totalement dans
ce mouvement. S'il est fait chaque jour, la forme ne manquera pas de se
trouver, presque sans effort de notre part. Il n'est pas nécessaire d'attendre
d'être en bon état, dégagés d'une grande partie de nos problèmes pour la vivre.
Jésus a choisi ses disciples dans l'état où ils se trouvaient, très peu
éclairés, certains fraudeurs, pas très honnêtes….


La consécration du cœur est un acte
d'une justesse absolue dans notre relation à Dieu. Chaque être humain est
appelé à la vivre un jour. Il est possible qu'il y ait des pans entiers de
notre vie que nous ne puissions pas donner, que cela ne nous arrête pas.
Certains attendent, pour se donner à Dieu, d'être capables d'abandonner leurs
biens, de tout quitter, d'être parfaits, d'avoir dépassé telle ou telle énorme
difficulté, et ils retardent indéfiniment ainsi l'acte de consécration. Jésus
n'a jamais accablé ses disciples, il les a toujours aimés et encouragés sur la
route. Dieu accompagne les hommes sur leurs chemins tordus, et quelle que soit
l'erreur ou la faute commise, nous pouvons nous donner à lui sans réserve.


Cet acte est personnel, intime, et
se vit tout simplement dans le cœur profond, la prière.


Quand il est accompli, il y a un
avant et un après
. Avant, c'est le questionnement inquiet, le risque est alors
de se demander sans cesse quelle est la volonté de Dieu. Après, la paix du cœur
est là, l'essentiel est vécu. Le reste suivra sans nul doute. Le but de notre
vie est bien maintenant d'incarner à notre façon le dessein de Dieu sur la
création à partir de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons vivre. C'est
comme si la responsabilité de notre chemin avait été confiée au Père: par cet
acte posé dans le cœur profond, nous devenons serviteurs du Royaume. Même si
nous ne savons pas encore de quelle manière nous allons servir, nous demandons
et permettons à l'Esprit d'être le premier. C'est une alliance avec Dieu, un
pacte.
Engageons-nous à ne plus rien vivre
seuls, livrés à nos seules compétences comme des orphelins (cf Jn 14, 18:
"Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous."), mais à
toujours vivre en référence à la parole, en consultant l'Esprit. Nous avons
rendu notre vie à Dieu en étant prêts à ce qu'elle produise des fruits.
D'aucuns ne savent peut-être pas trop à quoi sert leur vie, mais le chemin est
pris. Sans aucun doute ils seront éclairés. C'est une joie extrêmement profonde
que de vivre cet acte. C'est un bonheur de se réveiller chaque jour avec cette
certitude: "J'ai trouvé le but de ma vie, je suis consacré à Dieu."
Que l'on soit marié, célibataire, en attente, entre deux états, cet acte est
fondamental. Beaucoup de ceux qui ont changé d'orientation, souvent après des
difficultés, des échecs, des rejets, des abandons, se trouvent totalement
déstabilisés, à la recherche d'une nouvelle forme de vie. Il suffit parfois
qu'ils reviennent à une consécration de cette sorte pour se retrouver pacifiés:
car cela vient confirmer le don premier sans qu'il soit besoin de l'incarner
dans une forme particulière. "


Simone PACOT,
"L'Evangélisation des Profondeurs" pp 155-157



Je ne sais pourquoi
me vient en écho ce chant entendu dans une messe récente:



La paix, elle aura ton visage,
La paix, elle aura tous les âges.
La paix sera toi, sera moi, sera nous,
Et la paix sera chacun de nous.















.
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Michel



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Localisation : 38 Isère

MessageSujet: La Consécration du Coeur   Dim 2 Déc 2012 - 21:38

PS:


En complément de la
phrase de Simone PACOT citée plus haut:


" Nous
ne savons pas ouvrir à l'inspiration de l'Esprit tout ce que nous vivons, nos
actes, le temps pour parler, le temps pour se taire, la façon de vivre un
conflit, une relation, de prendre des décisions, d'élaborer un projet.
Consultons-le, permettons-lui de se manifester, donnons-lui une chance de
s'exprimer et d'être entendu. Cela suppose de savoir se taire pour écouter,
pour se laisser enseigner par la sagesse de Dieu.
Cette vie dans l'Esprit devrait se vivre de façon naturelle,
souple, sans tension."


….je
rapprocherais volontiers cette phrase de John Main,( Letters from the heart)::



"La merveilleuse beauté de la prière, c'est que
l'ouverture de nos coeurs est aussi naturelle que l'ouverture d'une fleur. De
même qu'une fleur s'ouvre et s'épanouit si nous la laissons être, de même si
nous nous contentons d'être, simplement, si nous devenons et restons
silencieux, nos coeurs ne peuvent pas ne pas s'ouvrir : l'Esprit ne peut pas ne
pas se déverser dans tout notre être, c'est pour cela que nous avons
été créés
."
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myriam

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MessageSujet: Re: La Consécration du Coeur   Dim 2 Déc 2012 - 21:47

Merci beaucoup Michel pour ce texte que je reçois en cet instant comme une réponse pleine de Grâce à ma petite tête agitée et inquiète qui a toujours si vite fait de se sentir séparée . [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
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Michel



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MessageSujet: "L'instant présent"   Mar 27 Jan 2015 - 16:44

Je reviens sur cette vérité énoncée ci-dessus par Simone Pacot :
….."D'une façon très simple, nous pouvons dire que faire la volonté de Dieu consiste à apprendre à vivre le moindre de nos actes à la lumière de l'Esprit. "


Il me semble que le texte suivant du P Victor SION sur « l’instant présent » devrait y aider :






L’INSTANT PRESENT

 

Vivre notre temps, notre pèlerinage terrestre, c'est s'efforcer de vivre pleinement le moment présent, c'est s'appliquer à être attentif à ce qu'il apporte, annonce et exige, c'est vivre aujourd'hui, avec hier et pour demain, en se gardant de se figer sur le passé mais aussi d'anticiper au point de tout perdre, et le présent qu'on méconnaît et gaspille et l'avenir qu'on n'est pas en mesure de maîtriser. Le temps des semailles n'est pas celui de la moisson. C'est vivre l'instant présent dans la fidélité à la tâche quotidienne, au devoir d'état et aux exigences du moment.


 
LA FÉCONDITÉ DE L'INSTANT PRÉSENT


Tous les instants de notre vie sont de valeur inégale. Il en est des privilégiés, qui sont plus directement orientés vers Dieu. Outre la prière et les sacrements, la souffrance nous met en contact avec Dieu. Un autre moyen pour nous d'aller à Dieu, c'est le prochain.


L'instant présent et la souffrance

Avec la joie, la souffrance jalonne notre vie. Elle est même la loi de la vie. Celle-ci, en effet, est un perpétuel effort, une perpétuelle lutte. La souffrance est la loi de toute vie, même non-croyante. Tôt ou tard, au détour du chemin, l'homme se heurte à elle. Qu'il l'accepte ou non, elle s'impose à lui. D'ailleurs la vie naît de la souffrance et de la mort. Cela est vrai dans la nature : si le grain n'acceptait pas d'être enfoui dans le sol et d'y être détruit, la jeune plante ne pourrait pas voir le jour. L'Évangile nous le confirme en s'appuyant sur la même image.

Si la souffrance est la loi de toute vie, elle est à plus forte raison la loi de la pleine vie. Dieu lui-même n'a pas voulu d'autre moyen pour nous donner la vie. Il a choisi la souffrance et la mort, jusqu'à la mort du malfaiteur. De la souffrance, la croix est devenue le symbole. Elle se présente sous un double aspect. C'est d'abord un signe de douleur, de mort et de division. Un calvaire en plein champ apparaît de loin comme un éclatement dans le ciel, comme le jaillissement d'un cri de douleur. Calvaire à la croisée des chemins, le Christ en croix dans nos églises, autant de signes de séparation, de division… Pureté de cette verticale qui monte dans une ligne parfaite, dans un dépouillement total… souffrance… mort…


Comment ne pas être scandalisé, révolté ! Comment s'accommoder sans hurlements de ce spectacle permanent, l'innocence crucifiée ? Mais à celui qui dans la foi a le courage de substituer au cadavre de l'Homme – Jésus, la lumière de sa Résurrection (et à ce prix seulement) la croix livre son secret (qui est au centre d'elle-même) c'est-à-dire l'amour éternel et sauveur. Sans cette substitution, la croix c'est l'infamie insupportable ! C'est notre propre infamie inscrite au grand jour ! Seul pour celui qui croit à la Résurrection, la croix devient signe d'amour et de ralliement : les bras de la croix appellent du plus loin de l'horizon, du plus profond de la terre, du plus haut du ciel. Cette part énorme de notre existence qui est faite d'épreuves, de souffrances physiques et morales, tout ce qui semble négatif et stérile devient, par le signe du Christ en croix, ressuscité, un fécond élément de vie, un moyen de tout convertir en vie, de ne rien laisser perdre de tout ce qui est humain, d'utiliser ce qui paraît inutilisable.
Bien sûr, encore une fois, l'absurdité de la mort qui ruine individuellement toute justice, cette insupportable absurdité est insensée, ne prend sens que par la Résurrection et uniquement à cause d'elle. La Résurrection est la victoire sur toute mort par la vie qui a assumé et donné sens à la souffrance, y compris la mortification. L'instant donné (s'il est bien de l'ordre de la réalité éternelle), nous permet d'entrevoir que la mort – en tant que telle – n'a pas d'existence. Elle n'est que l'objectivation de l'absolu négatif. Le corps-mort de l'Autre est objet de certitude pour moi, par identification à mon semblable qui est mort. Mais justement, ce que me révèle le don de l'instant c'est ma différence d'avec mon semblable, c'est l'Autre Jésus-Christ vivant et vrai. En mourant Jésus s'est écrié :

« Père, Je remets » – non ma mort mais – « ma vie entre tes mains » (Lc 23, 46).


La souffrance – dont la croix est le symbole – n'est supportable et ne peut devenir source de joie que dans la mesure où elle est connue et vécue comme vie, reconnue dans ses aspects positifs.

Les souffrances sont différentes : Il y a les souffrances positives, dues à la vie. Par exemple, celles qui conduisent à manger, à une certaine prudence dans ma conduite et à me soigner. Celles qui m'alertent quand une carence ou un danger menace. Il y a les souffrances morales, celles qui engendrent la distorsion et la démesure, entre l'aspiration et les moyens disponibles pour mettre en oeuvre le désir.

Comment pratiquement supporter la souffrance et même s'en réjouir ? Uniquement dans la mesure où on s'abandonne à la grâce, qui vient droit du Serviteur souffrant, le Christ mort et ressuscité. Là est le paradoxe des béatitudes. Si nous arrivons à vivre et non à traîner la souffrance, nous pourrons dire avec François d'Assise : « Nous ne devons bien nous réjouir que lorsque nous sommes soumis à diverses épreuves et avons à supporter toutes sortes de tribulations et d'angoisses d'âme et de corps. » Ainsi nous pouvons vivre dans l'instant présent et en parfaite sérénité. En quoi pourrions-nous être troublés ? La souffrance, d'obstacle qu'elle est en elle-même, devient certitude d'une union plus intime avec Dieu.


L'instant présent et le prochain

Comme nous venons de le voir, nous rencontrons Dieu dans la souffrance. Nous trouvons ailleurs aussi la présence de Dieu : présence du Créateur dans les choses, présence réelle dans les sacrements, présence encore dans le prochain. Dans la souffrance et le prochain, comme lieu de rencontre avec Dieu, c'est l'autre, la douleur ou le prochain qui fait mal. Dans les sacrements, il s'agit aussi de l'ordre de l'autrement.

Toute âme en état de grâce n'est-elle pas un tabernacle ? Ainsi chaque fois que nous entrons en contact avec le prochain, nous sommes, par le fait même, mis en présence de Dieu. Même lorsqu'il est vide ce tabernacle postule beaucoup plus intensément la présence divine que les choses créées qui nous entourent, car : « Fecisti nos ad Te)»  . (Tu nous as faits pour toi )  L'homme porte des Cieux l'empreinte divine, même lorsqu'il a perdu cette ressemblance.

De plus, le contact avec Dieu qui s'établit dans nos rencontres avec le prochain est un contact réciproque, et, de ce fait, privilégié. Ce que le prochain est pour nous, nous le sommes pour lui. C'est alors qu'il faut reprendre conscience d'une vérité élémentaire, mais terriblement méconnue et oubliée : tout prochain a une âme, une âme semblable à la mienne, une âme où Dieu demeure ou devrait demeurer.

Nous devrions donc saluer la rencontre de notre prochain en nous disant : Dieu nous livre sa présence à travers lui d'une manière privilégiée et particulièrement haute. Il devrait y avoir quelque chose d'ineffable dans la    rencontre de deux porteurs de Dieu… deux tabernacles vivants : Dieu rencontrant Dieu. N'est-ce pas tout le courant trinitaire qui devrait s'établir ? Quelle Visitation devrait être leur rencontre ?


Cela suppose avant tout un respect du prochain, de ce prochain en qui Dieu transparaît. Le père d'Origène baisait, avec un infini respect, la poitrine de son tout jeune fils endormi, parce que la Trinité y reposait. En réalité, que sont nos rencontres avec le prochain ? Il y a, certes, ces contacts violents avec ceux de la guerre où la vie nous oppose en adversaires ou en ennemis. Mais quelle est notre attitude vis-à-vis de ceux que Dieu a placés près de nous, et qu'Il a unis à nous par l'amitié, l'affection ou le sacrement de mariage ?

Bien souvent, hélas, le prochain est un écran de Dieu au lieu d'être un transparent de Dieu. Par son attrait humain ou le vertige de la chair, il nous attire à lui, nous perdant en lui et avec lui. À moins, qu'au contraire, il nous demeure étranger, indifférent. Parmi nos contacts avec les autres, bien peu nous livrent Dieu. Il suffirait, cependant, de nous rencontrer en son Nom pour que Dieu soit au milieu de nous (cf. Mt 18, 20).

Le comportement vis-à-vis du prochain fait d'abord l'objet d'un devoir primordial puisque semblable au premier de tous : l'amour de Dieu. L'Évangile nous l'enseigne ; « Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres » et l'apôtre Jean ajoute : « Aimez-vous… C'est le commandement du Seigneur et à lui seul, il suffit » (Jn 15, 17).

Nous oublions généralement que nous ne pouvons mesurer l'amour de Dieu qu'à travers l'amour que le Christ nous a manifesté. Or, le Christ nous a aimés comme son prochain. Et pour cela, Il a commencé par se faire homme, c'est-à-dire semblable à nous. Bien plus, Il a donné sa vie pour nous. Ne serait-il pas logique alors que nous aussi nous donnions notre vie pour nos frères, sous quelque forme que fût ce don ?



L'amour du prochain exige de nous une attention particulière : l'attention qui est la base de toute charité. Différents seront les aspects qu'elle pourra revêtir. Selon les cas, l'attention sera intellectuelle, psychologique ou sensible. Cependant, ces différentes formes de l'attention présentent un caractère commun, une sortie de soi-même pour se concentrer dans autrui. Ce don de soi exige certaines conditions. Pour donner sa vie, il ne faut pas être prisonnier de soi-même, mais désapproprié, vidé, dégagé de tout lien d'égoïsme, jusqu'à renoncer à la réussite personnelle de sa vie. Se concentrer en autrui, tel est le but de cette libération.

Le don de soi ne doit pas s'accompagner d'un retour sur soi-même. L'attention au prochain doit être pour lui, et pour lui seul. Il nous faut le considérer en lui-même sans chercher à projeter sur lui un reflet de notre personnalité. Aimer le prochain sera avant tout prendre conscience de son existence profonde, réelle, individuelle. Cela implique que nous le regardions au lieu de nous contenter de le voir.



Dans la parabole du bon Samaritain, le prêtre et le lévite voient le pauvre malheureux gisant à terre, ils le voient et passent outre. Alors que le Samaritain le voit aussi, mais s'arrête et cherche ce dont cet homme a besoin. Regarder ainsi autrui, c'est s'efforcer de découvrir ses besoins, ses désirs, ses tendances, ses difficultés, ses aspirations, ses souffrances. Après les avoir découverts, il faudra lui donner ce dont il manque, et non pas seulement ce qu'il nous plairait de lui donner.

Tout cela requiert une ouverture d'âme qui n'est pas une tendance innée. Aussi faudra-t-il se livrer à une éducation de l'attention. Pourquoi ne pas penser d'avance à nos rencontres avec les autres ? Ne pourraient-elles pas avoir une place dans notre examen de prévoyance ? Je verrai telle personne aujourd'hui, que puis-je lui dire, que puis-je faire pour elle, quelles sont ses préoccupations ? Nous préparons bien une lettre, une démarche, pourquoi ne pas préparer nos rencontres même banales car rien n'est banal au regard de Dieu ?

L'attention engendre les attentions, c'est-à-dire les délicatesses qui ouvrent la vie de son coeur et frayent les chemins de la grâce… Si nous lisons attentivement l'Évangile, nous verrons avec quelle délicatesse Notre Seigneur sait dire aux âmes qu'Il rencontre la parole qui lui livrera leur coeur et prouve la divine « attention » qu'Il leur porte. Peu à peu, l'attention à la présence de l'autre devient un état habituel. Cet « état d'âme habituel » s'appelle aussi la bonté et consiste à s'oublier pour penser aux autres. Il n'est possible que si nous sommes désencombrés de nous-mêmes. Ce devoir d'amour du prochain est peut-être le plus difficile de tous. Il demande de surmonter les tendances les plus profondes de notre être, et ne laisse place à aucune illusion en nous obligeant sans cesse à passer à l'acte. Il s'appuie négativement sur le détachement et positivement sur l'amour.




Nos contacts fréquents avec le prochain sont donc une occasion merveilleuse de vivre l'instant présent. Rencontrant Dieu sous des aspects divers, nous pouvons nous unir à lui sans cesse, faisant en chaque instant ce que lui-même nous demande de faire.


COMMENT VIVRE L'INSTANT PRÉSENT ?



Comment vivre dans l'instant présent notre vie de chaque jour dans ce XXème siècle inquiet et trépidant, au milieu du tourbillon des occupations quotidiennes ? Précisément,  notre époque instable est peut-être plus qu'une autre propice à la compréhension du présent. Parce que nous ne pouvons plus nous fier aux valeurs humaines, nous voyons mieux la nécessité de nous appuyer sur Dieu.

 

Accomplir la volonté de Dieu en toutes choses

Vivre l'instant présent, c'est donc se placer dans une entière disponibilité à l'égard de Dieu, c'est accepter d'être son humble et docile instrument ; faire ce que Dieu veut et quand Il le veut. L'instant nous laisse sans mot : en-instance, en-suspens. Dieu vient comme un voleur, à l'instant donné. Il n'est pas question de durée : jour, heure, minute. Or, ce que Dieu nous demande n'a rien en soi d'extraordinaire et de difficile. Accomplir la volonté de Dieu, c'est avec discernement, remplir la tâche qui nous est donnée, c'est obéir à ceux qui ont mission de nous donner un ordre. C'est la fidélité aux petites choses que Dieu apprécie. N'est-il pas significatif ce fait de la vie de saint Antoine de Padoue : un jour que le saint était seul dans sa cellule, l'Enfant-Jésus vint lui rendre visite. Une cloche sonne indiquant qu'il était l'heure de se rendre à un exercice commun. Immédiatement, le saint obéit et lorsqu'il revint dans sa cellule, l'Enfant-Jésus était encore là et l'attendait.


Disponibilité à Dieu signifie aussi acceptation joyeuse de ce qu'Il nous envoie, même si ceci comporte une souffrance de notre part. Être disponible à Dieu, c'est encore être attentif à sa grâce, et surtout ne pas la refuser, même s'il doit en coûter un effort pour la recevoir. Cette attitude vis-à-vis de Dieu se traduira souvent par une disponibilité à nos frères dans la réalité de chaque jour.


Désappropriation de soi-même, pauvreté spirituelle

Pour être disponible, il faut être libre, détaché non seulement des richesses matérielles, mais surtout des biens spirituels et de notre volonté propre. Cette désappropriation nous conduira d'ailleurs à la véritable pauvreté. Comme de vrais pauvres, alors, nous saurons que nous ne pouvons rien sans l'aide de Dieu, que nous dépendons totalement de lui, parce que nous sommes avant tout des créatures privilégiées puisque douées de liberté.

Si nous sommes pauvres en esprit, nous posséderons la joie et la sécurité de tout instant, parce que nous savons de certitude que Dieu ne peut nous abandonner. Il attend seulement, pour nous donner sa grâce, que nous la lui demandions. Et la grâce parfois nous déconcertera parce que Dieu seul sait ce dont nous avons besoin.



Confiance, sérénité, éternité commencée

Ainsi établie dans sa sécurité, unie à Dieu à chaque instant, à travers chaque événement, l'âme domine cette succession d'impressions diverses, de changement matériel, qui constitue le temps, et parvient à vivre l'éternité commencée. En effet, l'éternité n'est pas une question de durée, mais d'intensité. Je fais ce que je ferai dans l'éternité : je bénis Dieu, je loue Dieu, j'adore Dieu, et je l'aime de tout mon coeur. C'est là toujours notre profession d'adorer Dieu et de l'aimer de tout notre coeur, sans nous soucier du reste.

Ainsi Dieu n'a pas besoin de longue vie, d'années ajoutées aux années, seules les oeuvres de l'homme ont besoin de la durée. Dieu ne veut pour sa gloire que notre amour. Et l'amour ne réside pas dans l'accumulation d'actes. Dieu attend de nous, non pas une multitude d'actions escomptées d'avance, mais un amour absolu. Cet amour ne peut avoir lieu que si nous vivons pleinement chaque minute qui passe comme un instant qui ne passe pas et qui la remplit d'un grand amour. Notre amour ne pourra être absolu que s'il l'est à tout instant, que si nous faisons nôtre ce souhait : « Vivre, ô mon Dieu, votre éternel amour, dans la plénitude de l'instant présent ».



Conclusion

"Si la plénitude n'est pas en chaque instant, elle ne sera jamais dans notre amour pour Dieu.

Mais si nous puisons dans chaque minute à l'inépuisable source de l'instant d'éternité,

auquel notre vie est en suspens, elle nous donnera Dieu.

Avec lui, nous posséderons l'infini dont notre âme a soif.

Avec Thérèse de Jésus nous pouvons conclure ::

 

Celui qui a l'instant présent a Dieu…

Et qui donc a l'instant présent a tout…

L'instant présent suffit…

Que rien ne te trouble…"

 

P. Victor SION "La grâce de l’Instant Présent, La chance du Chrétien" pp 34-43
_________________________________________________________________



Nous avons en plus la ressource de notre mantra qui nous aide puissamment :

" L'expérience de la contemplation est simplement d'être pleinement conscient du moment présent. Nous n'avons pas à acquérir la maîtrise de techniques ou de théories complexes et difficiles afin de pouvoir méditer. Nous avons seulement à "revenir à la maison" et à nous réveiller. C'est en cela que le mot de prière nous aide."

livret "la méditation chrétienne"  de Laurence Freeman, osb  - (p24): "Le moment présent "
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Pimprenelle



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MessageSujet: Re:La Consécration du Coeur   Mer 23 Sep 2015 - 12:51

Dans ce texte cité par Michel, le Père Victor SION rapporte que François d'Assise a écrit:"Nous ne devons bien nous réjouir que lorsque nous sommes soumis à diverses épreuves et avons à supporter toutes sortes de tribulations et d'angoisses d'âme et de corps."
Ce dolorisme a fait de nombreux ravages !
Qui est-ce qui a tenté Jésus au désert? Qui est responsable de la naissance de l'aveugle amené à Jésus? Qui a cloué Jésus? Ce sont des épreuves "envoyées" par Dieu?
Moi aussi, j'ai été influencée pendant un certain temps par cette mentalité. Ma grand-mère disait:"Dieu ne nous envoie pas plus d'épreuves que celles que nous pouvons supporter".
A présent, je crois profondément que Dieu est Amour et, si j'ose dire, n'est qu'Amour, Amour avec un grand A parce que parfait, entier, total, où il n'y a pas de place pour "autre chose".
Ainsi, j'aime dire cette prière du Père Charles de Foucauld :
                           "  Mon Père,
                             Je m'abandonne à toi,
                             fais de moi
                             ce qu'il te plaira.
                             Quoi que tu fasses
                             de moi,
                             je te remercie.
                             Je suis prêt à tout,
                             j'accepte tout.

                             Pourvu que ta volonté
                             se fasse en moi,
                             en toutes tes créatures,
                             je ne désire
                             rien d'autre, mon Dieu.

                             Je remets mon âme
                             entre tes mains.
                             Je te la donne, mon Dieu,
                             avec tout l'amour
                             de mon coeur,
                             parce que je t'aime,
                             et que ce m'est
                             un besoin d'amour
                             de me donner,
                             de me remettre
                             entre tes mains
                             sans mesure,
                             avec une infinie confiance
                             car tu es mon Père. "                            

 
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Michel



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MessageSujet: Un sens à la vie....   Mer 28 Oct 2015 - 15:34

Un sens à la vie
 
Nous sommes sur un chantier de construction. Trois hommes sont là, chacun taillant un bloc de pierre. Passant par là un journaliste demande au premier:

Pourquoi tailles-tu cette pierre ?
Je ne sais pas, c'est le chef qui me l'a demandé. J'ai hâte d'en avoir terminé, de toucher ma paye et d'aller avec les copains faire une tournée au bistro et ensuite au match de foot ce soir.
 
Le journaliste demande alors au second:
Pourquoi tailles-tu cette pierre ?
J'ai une femme et deux gosses; je fais quelques fois des heures supplémentaires pour arrondir ma fin de mois et pouvoir payer des leçons de maths à l'aîné qui passe son bac cette année.
 
Même question au troisième:
Pourquoi tailles-tu cette pierre ?
Son visage s'éclaire. Moi ? Je construis une Cathédrale ....!
Regarde comme elle va être belle!
J'ai moi aussi une famille à entretenir, mais je pense au jour où je serai à la retraite et ferai visiter cette église à mes petits-enfants . On s'arrêtera devant la statue de Marie et je leur montrerai la troisième pierre à partir du sol  : "Tu vois petit, cette pierre, c'est ton papy qui l'a taillée de ses mains. Viens la caresser, j'en connais chaque sillon; viens écouter comme elle vibre à chaque chant....Si elle n'était pas là, cette pierre, la cathédrale serait certainement moins belle...."
___________________________________________________



Réflexions...


-Et si la cathédrale était le Royaume de Dieu ?
-Et si cette pierre qui se modèle c’était moi ("pierres vivantes") ?
-Qui est le sculpteur ? Moi (ou plutôt l’Esprit en moi ) ?
-Chacun de mes jours est-il un sillon dans cette pierre ?
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Christian

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MessageSujet: pierre ou argile ?   Ven 30 Oct 2015 - 17:32

A choisir j'optera pour l'argile. En effet je suis douillet et je préfère le massage amoureux dans les mains divines que les coups de burin sur un ego de pierre. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi de m'anéantir en Christ dans la méditation contemplative. Et vous?
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Michel



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MessageSujet: Re: La Consécration du Coeur   Mar 3 Nov 2015 - 19:42

Une telle métaphore où l’on est tout à la fois le journaliste, le sculpteur, la pierre et l’enfant n’est certes pas à prendre au premier degré… !        Ceci dit, « l’Esprit souffle où il veut » (Jn 3,8) et multiples sont les chemins…
                Pour ma part, je me sens assez en phase avec le dernier ouvrage du P. Freeman « La voie de la contemplation » où je retrouve les points de repère que j’avais déjà appréciés dans son livret « La méditation chrétienne, votre prière quotidienne »
                Même si ce n’est pas dans l’air du temps, les sillons dans la pierre rappellent que notre chemin de veilleur doit traverser des déserts, accepter une certaine discipline (ascèse) et que le voyage n'a rien d' un long fleuve tranquille… !  Une charrue ne se contente pas de caresser la terre, elle la creuse…sinon comment la semence pourrait-elle y pousser ?
"car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent."  (Mt 7.14 )
                C’est vraisemblablement le sens de cette étape que le P. Freeman appelle « la montée » :
" Le voyage peut devenir ardu, mais en apprenant à persévérer, nous découvrons les profonds
mystères de Dieu et le mystère de notre propre nature. Dans ce processus, il y aura des moments de
turbulence. Des émotions refoulées ou des souvenirs enfouis peuvent remonter à la conscience. Ceci
purifie et libère, même si au moment où cela se passe, ça peut sembler négatif. Le soutien d'autres
personnes, en ces moments, aide énormément."….…"nous sommes toujours, tous, des
"débutants"…. (La méditation chrétienne- livret du P. Laurence Freeman pp36 et 38).
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Christian

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MessageSujet: pierre et argile ...   Mer 4 Nov 2015 - 17:26

Cher ami,
L’Esprit-Saint semble être inspiré par les caractéristiques locales de chaque terroir. scratch
Je m'explique. A l’occasion de quelques randonnées dans le massif de Belledonne, j’ai été saisi par l’ambiance minérale grandiose, puissante, brutale et toujours surprenante des paysages. Dans le Limousin le minéral est naturellement enfoui sous des courbes verdoyantes de forêts, de prés. Seuls quelques mégalithes aux formes arrondies  posés sur des prés ou blottis dans des forêts, et quelques bouts de roche usée le long des gorges de nos rivières rappellent naturellement l’existence de ce monde minéral. Ou alors, il faut descendre dans quelques cavités rocheuses souterraines pour le découvrir.
Toutefois les habitants du Limousin s’étaient  évertués à faire resurgir dans le paysage ce monde minéral en des murs de pierre bordant les prés, de magnifiques maisons et édifices en pierres de taille, des carrières de roches, d’ardoise, et d’argile. L’argile, en particulier l’argile blanche, le kaolin a fait la réputation internationale du Limousin par l’industrie de la porcelaine. Il semble donc qu’en Isère, l’Esprit Saint fasse parler la pierre, et en Limousin, il fasse parler l’argile pour dire ce qu’Il a à nous dire.

Pour anecdote, l’hébreu révèle un jeu de mot entre pierre (EBEN), et fils (BEN), jeu de mots savoureusement utilisé dans les évangiles.
Marc 12:10  N’avez-vous  pas lu cette parole de l’Ecriture: La PIERRE qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle; 
Luc 20:18  Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.
Marc 13:2  Jésus lui répondit: Vois-tu ces grandes constructions? Il ne restera pas PIERRE sur PIERRE qui ne soit renversée.
Et la perle des perles des évangiles concernant ce sujet : L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.
Matthieu 16 : 16  Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
17  Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux.
18  Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.
Je me pose une question :
Pourquoi SUR cette église, et non EN cette église ?

La réponse est peut être dans le livre de la Genèse :

Genese 2 : 7 L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. (terre, en hébreu ADAMAH est le féminin d’ADAM, l’Homme)
D'après mon expérience personnelle, En ma foi, Jésus Christ, pulvérise l'ego, le réduit en argile en lequel l’Esprit Saint souffle et forme  en fils de Dieu, fils de l’homme.

Pour conclure, je te remercie cher Michel, de m’avoir rappelé que rigueur et  force sont nécessaires au pèlerinage de tout être humain jusqu’à atteindre sa plénitude spirituelle. J'ai constat' que c’est l’amour de Jésus Christ, qui m'a donné une certaine force et une certaine rigueur, qui n'était pas dans mes qualités humaines acquises auparavant et qui par la voix de mes frères dans la foi, me rappelle cette exigence nécessaire ... car il y a encore fort à défaire ! bangin
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Michel



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MessageSujet: « Je fais ma part »….   Dim 10 Jan 2016 - 16:05

J’aime bien cette légende amérindienne que je trouve parfaitement à sa place dans ce chapitre sur la « consécration du cœur »:


            Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :
             « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » .
Le colibri lui répondit alors : « Je le sais, mais je fais ma part. »
            La légende raconte que chaque animal se sentant alors concerné, « fit sa part », chacun à sa manière et que la forêt fut sauvée.


Notre part à nous ne serait-elle pas dans ces lignes (déjà citées) ? :


       «  La consécration du cœur est un acte d'une justesse absolue dans notre relation à Dieu. Chaque être humain est appelé à la vivre un jour. Il est possible qu'il y ait des pans entiers de notre vie que nous ne puissions pas donner, que cela ne nous arrête pas…. Dieu accompagne les hommes sur leurs chemins tordus, et quelle que soit l'erreur ou la faute commise, nous pouvons nous donner à lui sans réserve.
Cet acte est personnel, intime, et se vit tout simplement dans le cœur profond, la prière.
Quand il est accompli, il y a un avant et un après. Avant, c'est le questionnement inquiet, le risque est alors de se demander sans cesse quelle est la volonté de Dieu. Après, la paix du cœur est là, l'essentiel est vécu. Le reste suivra sans nul doute. Le but de notre vie est bien maintenant d'incarner à notre façon le dessein de Dieu sur la création à partir de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons vivre. C'est comme si la responsabilité de notre chemin avait été confiée au Père: par cet acte posé dans le cœur profond, nous devenons serviteurs du Royaume. Même si nous ne savons pas encore de quelle manière nous allons servir, nous demandons et permettons à l'Esprit d'être le premier. C'est une alliance avec Dieu, un pacte. »
Simone PACOT, "L'Evangélisation des Profondeurs" pp 155-157


 Cela me semble faire aussi écho à la parabole des talents (Mt,25, 14-30) : C’est très bien de souhaiter que le monde change…encore faut-il  que l’on puisse dire «moi aussi,  je fais ma part. » ; ce qui me rappelle cette phrase de Gandhi :


« Nous devons être le changement  que nous voulons pour le monde ».
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Christian

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MessageSujet: nous avançons pas à pas !   Lun 11 Jan 2016 - 9:47

Que ces voeux t'accompagnent, Michel, tout au long de cette nouvelle année 2016.


« Nous devons être le changement  que nous voulons pour le monde ». Gandhi

Vue de ma fenêtre, la vie est un éternel changement, en lequel chaque être vivant est impliqué ... qu'il le veuille ou non, qu'il en ait conscience ou non.
Le vouloir, ou pas, en avoir conscience ou pas sont des modalités différentes dans le jeu de la vie. Et aucune de ces modalités ne vaut plus ou moins qu'une autre .... Elles sont toutes nécessaires les unes aux autres, en cet éternel jeu vivant où nous sommes tous acteurs et spectateurs, impliqués en unicité.

Il se trouve que dans ma ligne de vie, le Christ et moi nous nous sommes choisis mutuellement.
En Lui, tout est grâce ! Bienheureux celui qui vit cela !

La discipline de la méditation entretient et approfondit quotidiennement ce choix mutuel, ma ligne de vie en la Sienne. Le reste coule de source !

Alors, pour surfer, avec joie et exaltation dans les vagues de la vie, je m'efforce tout simplement d'être moi-même, c'est à dire en surfant librement, juste centré, bien ancré sur mon centre de gravité, ma ligne de vie.

"Sois toi-même. Tous les autres sont déjà pris." Oscar Wilde.

Etre soi-même, en toute simplicité. "La simplicité est la sophistication suprême" Léonard de Vinci

Etre soi-même ? "Tout est possible pour peu qu'on avance pas à pas" Rick Roberts et Maria Thomas

Ainsi, Christ et moi, moi et Christ, nous avançons pas à pas ! Quel bonheur !
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Michel



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MessageSujet: Une conviction … ?.   Ven 28 Avr 2017 - 18:15

Revenir aux fondamentaux ?
 
Ma conviction fondamentale trouve son origine dans cette parole de Jésus :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute tes forces et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. » (Mt 22.34-40 ;  Mc 12.18-27 ;  Lc 10.25-28)

 
Comme j’en ai déjà parlé sur ce forum, c’est lorsque j’ai eu  l’idée de tenter d’associer le premier commandement     ("-Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toutes tes forces et de tout ton esprit.") avec nos trois centres fondamentaux d’énergie (émotionnel, instinctif et mental), que je me suis aperçu que  pour chacun de nous, les deux domaines psychologique et spirituel  sont fortement imbriqués et qu'une avancée simultanée est nécessaire dans chacun d’eux.
 
Ami(e) invité(e) de ce forum, si tu souhaites approfondir pour toi-même cette question, tu peux éventuellement charger ce document de réflexion personnelle ; il n’a pas d’autre prétention, (svp  concaténer d’abord les éléments et ensuite créer le lien hypertexte….) :      ht tps:/ /
ww w.        petit-fichier.fr/2017/03/12/      
ma-pratique-de-ce-que-je-crois-2017-03-12-intro-w/  



Bonne recherche !... Bon vent pour cette nouvelle aventure…. !
 
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